La saison des nids
Pour la plupart des oiseaux du jardin, la saison des nids va de mars à juillet. Les mésanges choisissent leur cavité dès la fin de l’hiver ; le merle, souvent le premier à nicher, peut bâtir son nid dès mars. Certaines espèces font plusieurs nichées dans l’année : deux ou trois pour le merle ou le moineau domestique, quand la nourriture le permet.
C’est la période où il faut éviter de tailler les haies et de débroussailler, et où les jeunes, en sortant du nid, sont les plus exposés aux chats.
Des nids très différents
Chaque espèce a sa façon de nicher. Les mésanges, les moineaux et la sittelle s’installent dans un trou, arbre creux ou nichoir. Le merle bâtit une coupe d’herbes et de brindilles, enduite de boue à l’intérieur, dans une haie ou contre un mur couvert de lierre. Le troglodyte construit une boule de mousse avec une entrée sur le côté, et le mâle en commence souvent plusieurs, entre lesquels la femelle choisit.
La mésange à longue queue tisse une poche ovale de mousse, de lichens et de toiles d’araignée, garnie à l’intérieur de centaines de plumes. Les hirondelles maçonnent leur nid avec de petites boulettes de boue. Le pigeon ramier, lui, se contente d’une plateforme si légère de brindilles qu’on voit parfois les œufs au travers, depuis le sol.
Combien de temps dans le nid ?
Chez la plupart des petits oiseaux du jardin, la femelle couve une douzaine à une quinzaine de jours, puis les petits restent encore deux à trois semaines au nid. Ils naissent nus et aveugles, et dépendent entièrement de leurs parents : on dit qu’ils sont nidicoles.
La mésange bleue pond une grande nichée, souvent huit à douze œufs. Pour nourrir autant de bouches, les deux parents apportent des chenilles toute la journée, des centaines de fois par jour. C’est pour cela que la date de ponte coïncide avec la sortie des chenilles dans les chênes, et qu’un printemps décalé peut gâcher une saison.
Les jeunes quittent souvent le nid avant de bien savoir voler. Ils passent quelques jours au sol ou dans les buissons, couverts de plumes mais la queue encore courte, et leurs parents continuent de les nourrir.
Un œuf trouvé au sol
Au printemps, on trouve souvent sous les arbres des moitiés de coquilles bleu pâle ou tachetées. Elles sont presque toujours bon signe : beaucoup d’oiseaux emportent loin du nid les coquilles des œufs éclos, pour ne pas attirer les prédateurs avec leur blanc bien visible. Une coquille percée d’un trou net ou écrasée raconte, elle, le passage d’une pie, d’un geai ou d’un écureuil.
Un œuf entier tombé au sol, en revanche, ne peut pas être sauvé : il a refroidi, et les parents ne le reprendront pas. Le couver soi-même est impossible, et c’est interdit pour une espèce protégée. Laissez-le où il est.
Un oisillon par terre : les bons réflexes
La plupart des « oisillons tombés du nid » que l’on trouve au printemps sont justement ces jeunes en train d’apprendre à voler. Il ne faut pas les ramasser. Un oisillon nu ou en duvet, un oiseau blessé ou attrapé par un chat, en revanche, ont besoin d’aide, et vite.
La page oisillon tombé du nid : que faire ? explique comment faire la différence, ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut surtout pas faire, d’après les conseils des centres de soins pour la faune sauvage.
Questions fréquentes
Peut-on enlever un nid d’oiseau ?
Pas un nid occupé : la plupart des espèces sont protégées, et la loi interdit de détruire leurs nids et leurs œufs. Un nichoir se vide une fois par an, en septembre ou en octobre, quand il n’est plus utilisé.
Combien de temps un oisillon reste-t-il au nid ?
Chez la plupart des petits oiseaux du jardin, deux à trois semaines après l’éclosion, après une douzaine à une quinzaine de jours de couvaison. Ils quittent souvent le nid avant de savoir bien voler.
