Le reconnaître en quelques secondes
Ce qui frappe d’abord, c’est la taille et la silhouette. L’étourneau mesure de 17 à 22 cm pour 60 à 95 g, avec environ 37 cm d’envergure. Son corps est rondelet, sa queue courte et carrée, et ses ailes courtes, triangulaires et pointues lui donnent un vol direct et énergique.
De loin, il paraît noir. De près, au soleil, son plumage est iridescent, c’est-à-dire que ses reflets changent avec la lumière et l’angle de vue : verts, violets, bleus, parfois bronze. Le bout des plumes du cou, de la poitrine, du ventre et des ailes porte une petite tache brune, crème ou blanche, qui pique l’oiseau de points clairs.
Le bec fait le reste. Il mesure environ 2,5 cm, à peu près le diamètre d’une pièce de deux euros, et il est fin et pointu. L’étourneau s’en sert comme d’une sonde, car il marche ou trottine sur l’herbe, la tête en avant, et l’enfonce dans le sol à chaque arrêt. Il est rarement seul à ce travail, puisque les sites d’alimentation rassemblent de quelques dizaines à quelques centaines d’oiseaux.
À ne pas confondre
Le merle noir mâle est noir lui aussi et fréquente les mêmes pelouses, d’où la confusion la plus courante. L’étourneau est plus élancé et le merle plus trapu, mais la démarche tranche plus vite encore : le merle avance par bonds, l’étourneau marche.
| Thème | Étourneau sansonnet | Merle noir mâle |
|---|---|---|
| Taille | 17 à 22 cm, silhouette élancée | Environ 25 cm, silhouette trapue |
| Plumage | Noir brillant à reflets, piqueté de clair en hiver | Noir uni |
| Bec | Long et pointu, brun en hiver, jaune au printemps | Orange, plus épais |
| Œil | Marron, sans marque | Fin cercle jaune-orangé autour de l’œil |
| Queue | Courte et carrée | Longue |
| Démarche | Marche ou trottine | Sautille |
Dans la péninsule Ibérique, en hiver, il faut aussi le distinguer de l’étourneau unicolore (Sturnus unicolor), son plus proche parent, qui ne porte aucune tache sur son plumage. Selon le lieu, la lumière et l’âge de l’oiseau, d’autres confusions restent possibles.
Un plumage qui change avec les saisons
Le même étourneau n’a pas la même allure en décembre et en mai. Les ornithologues parlent de plumage internuptial (celui de l’hiver) et de plumage nuptial (celui de la reproduction), et le passage de l’un à l’autre se lit surtout sur le bec, les pattes et les taches.
| Détail | Hiver, après la mue | Printemps et début d’été |
|---|---|---|
| Bec | Brun, sombre | Jaune |
| Pattes | Brunes | Rose rougeâtre |
| Taches claires | Bien visibles | Estompées |
| Reflets | Présents | Plus marqués |
Les taches se trouvent au bout de chaque plume. Pendant la nidification, l’usure des plumes due au frottement contre le nid contribue à les atténuer, et l’oiseau paraît plus noir. Elles redeviennent visibles à l’automne, après la mue, le renouvellement annuel du plumage, qui a lieu une fois par an à la fin de l’été, quand la reproduction est terminée. Un étourneau noir au bec jaune en mai et un étourneau piqueté au bec sombre en décembre peuvent donc être le même individu.
Mâle, femelle et jeune
Les adultes se ressemblent beaucoup, et les détails qui les séparent sont fins et souvent difficiles à voir sur un oiseau qui bouge. Ils ne sont pas toujours fiables sur un individu isolé.
Le mâle a des plumes plus longues et plus foncées que celles de la femelle, et son dessous est moins tacheté à une même époque de l’année. Les plumes de sa gorge, longues et lâches, servent à ses parades. Au printemps, la base de son bec jaune est bleu argenté, et il n’a pas de cercle clair autour de l’iris.
La femelle est plus terne, plus tachetée dessous, et un cercle blanc entoure son iris. Au printemps, la base de son bec est rosée.
Le jeune est gris-brun et terne, avec le dessous du bec plus pâle. Ses plumes sont remplacées peu à peu par celles de l’adulte, et il porte son plumage définitif avant son premier hiver.
Au jardin, le détail le plus facile à vérifier est la base du bec au printemps, à condition d’être proche ou d’avoir de bonnes jumelles. Le jeune se voit en bande à la fin du printemps et au début de l’été, et on le prend volontiers pour un petit oiseau marron. En cas de doute, l’outil Quel est cet oiseau ? propose l’espèce à partir de la taille, de la couleur et du lieu.
Un jeune qui sautille sur l’herbe, déjà emplumé et vif, n’est généralement pas en détresse. Les consignes à suivre pour un oisillon tombé du nid sont les mêmes pour toutes les espèces, et un oiseau sauvage ne se garde pas chez soi.
Une voix d’imitateur
Un oiseau perché sur une antenne, un fil ou le bord d’une cheminée, qui enchaîne sans ordre apparent des sifflements clairs et des grincements secs, est très probablement un étourneau. Son chant est riche et complexe. En groupe sur la pelouse, il lance aussi un bavardage de cris courts et rêches.
Cri enregistré par Ryan Hodnett, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
Le plus remarquable est ce qu’il y glisse. L’étourneau incorpore à son chant des sons de son environnement, comme les avertisseurs de voiture ou des fragments de langage humain, et il imite avec précision les chants d’autres oiseaux, de son espèce ou non. Ce don est signalé depuis Pline l’Ancien et on le retrouve chez Shakespeare. Un chant de jardin où l’on croit reconnaître un klaxon ou un oiseau voisin appartient donc peut-être à un seul étourneau qui reprend ce qu’il entend.
Les nuées du soir
À l’automne et en hiver, au crépuscule, des étourneaux arrivent de toutes les directions et tournoient ensemble avant de se poser. Ces nuées dansantes s’appellent des murmurations, et le lieu où les oiseaux passent ensuite la nuit en commun est un dortoir. Il se situe dans une roselière, dans des arbres ou dans le centre d’une ville, et il peut rassembler jusqu’à plusieurs millions d’individus à l’état sauvage, exceptionnellement un million en ville.
Ces nuées attirent des rapaces comme le faucon émerillon et l’épervier. Pour un rapace, un oiseau isolé est une cible, mais au milieu d’une masse mouvante il est beaucoup plus difficile d’en isoler un. Plus il y a d’yeux, plus un danger a de chances d’être repéré, et le gros nuage sombre se voit de loin, ce qui attire d’autres étourneaux. Une étude de Michele Ballerini et de ses collègues, publiée en 2008 dans la revue PNAS et fondée sur l’observation de nuées au-dessus de Rome, a montré comment des milliers d’oiseaux évitent de se heurter : chaque étourneau règle son vol sur environ sept voisins proches, quelle que soit la distance qui les sépare, et non sur toute la bande.
Sédentaire ou de passage
Un oiseau sédentaire reste sur place toute l’année, un hivernant vient y passer la mauvaise saison. Les étourneaux d’Europe de l’Ouest et du Sud sont sédentaires, tandis que ceux du nord-est descendent vers le sud et l’ouest en hiver, certains jusqu’en Ibérie et en Afrique du Nord. Les trajets peuvent atteindre 1 500 km, à une vitesse de 60 à 80 km/h. Les hivernants viennent renforcer nos effectifs, si bien que la bande qui occupe la pelouse en novembre compte souvent des oiseaux venus de loin.
Ce qu’il cherche sur votre pelouse
L’étourneau est omnivore, surtout insectivore et frugivore. Avec son bec pointu, il creuse le sol pour y trouver insectes et larves, escargots, vers de terre et araignées. Il aime les milieux ouverts et dégagés, comme les pelouses et les champs, où il voit venir le danger et où la terre se laisse sonder. Dès que les fruits mûrissent, puis à l’automne, il mange aussi des baies, des cerises et du raisin, et à l’occasion des graines et des céréales.
Au printemps, la quête de nourriture devient une course. Les parents font de 100 à 300 visites par jour au nid, et selon les travaux de Philippe Clergeau, spécialiste de l’écologie urbaine, ils doivent en faire davantage en ville qu’à la campagne, car les vers et les insectes y sont plus rares.
Nid et couvées
L’étourneau niche dans une cavité, un trou d’arbre ou de bâtiment : vieil arbre, fissure dans un mur, nichoir. Le nid est désordonné, et la femelle y pond quatre ou cinq œufs d’un bleu pâle brillant. L’éclosion prend environ deux semaines, et les jeunes restent encore trois semaines au nid avant de partir emplumés. Il y a une ou deux couvées par an, de mars à juillet.
Un oiseau commun, en recul dans une partie de l’Europe
À l’échelle du monde, l’étourneau sansonnet n’est pas menacé : sa population est énorme et l’UICN le classe en préoccupation mineure. Depuis les années 1980, ses effectifs ont pourtant baissé dans une partie du nord et de l’ouest de l’Europe, parce que les invertébrés des prairies, dont les jeunes ont besoin, sont devenus plus rares. Ses grandes bandes limitent des insectes nuisibles, mais elles peuvent abîmer les fruits et les jeunes pousses, et les dortoirs urbains font du bruit et de la saleté.
Sources
- Ballerini et al., « Interaction ruling animal collective behavior depends on topological rather than metric distance », PNAS, 2008
- Liste rouge de l’UICN
- LPO, Ligue pour la protection des oiseaux
- Étourneau sansonnet, photos et plumages (oiseaux.net)
- Wikipédia, « Étourneau sansonnet »
- Wikipédia, « Étourneau »
- Wikipedia, « Common starling »
Questions fréquentes
L’étourneau est-il une espèce protégée en France ?
Contrairement à la plupart des oiseaux sauvages, l’étourneau sansonnet ne figure pas sur la liste des espèces protégées. Dans certains départements, il peut être classé parmi les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts, ce qui autorise sa régulation sous conditions. Ces règles changent d’un département et d’une année à l’autre, et la préfecture donne celle qui est en vigueur.
Peut-on apprendre à parler à un étourneau ?
Un étourneau sauvage reprend parfois des sons humains, mais de lui-même, à partir de ce qu’il entend autour de lui. Garder chez soi un oiseau prélevé dans la nature n’est pas permis.
