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Chardonneret élégant à tête rouge se nourrissant d'une tête de chardon, parmi des feuilles vertes.

Chardonneret élégant : le reconnaître, le nourrir et l’attirer au jardin

En France, la population de chardonnerets élégants aurait chuté de 40 % en dix ans (chiffre daté de 2016), et la capture illégale pour son chant continue de le menacer.

Le chardonneret élégant (Carduelis carduelis) se reconnaît à son masque rouge écarlate et à la large barre jaune vif qui traverse son aile noire. C’est un passereau, c’est-à-dire un petit oiseau perché comme le moineau, d’environ 12 cm. Il est granivore, ce qui veut dire qu’il se nourrit de graines. Pour l’attirer, laissez monter en graines des chardons, des cardères ou des bardanes dans un coin du jardin, et proposez-lui l’hiver de petites graines sur une mangeoire plateau. Espèce protégée, il ne peut être ni capturé ni gardé chez soi.

Le reconnaître en quelques secondes

Un petit oiseau qui se balance sur une tête de chardon, au bord d’un chemin ou au fond d’un jardin, a de bonnes chances d’être lui. Il est un peu plus petit et plus fin qu’un moineau domestique, avec 12 à 13 cm de long et 21 à 25 cm d’envergure. Il pèse 14 à 19 g, soit à peu près le poids de deux pièces d’un euro.

La couleur dominante est un brun chaud sur le dos et les flancs, au-dessus d’un dessous clair. Puis vient la marque que l’œil retient à coup sûr : une face rouge écarlate entourée de blanc et de noir. Le bec est pointu, clair, long et fin, un bec de granivore. L’aile est noire, barrée d’une large bande jaune vif, visible même à distance quand l’oiseau se pose sur une branche nue.

En vol, deux détails complètent le tableau. Le croupion, la base du dos juste au-dessus de la queue, est blanc, et la queue noire et fourchue porte des taches blanches sur ses rectrices, les plumes de la queue. Le vol lui-même est onduleux, dansant et assez erratique, avec un cri qui accompagne souvent le départ.

Après la saison des nids, la mue commence chez certains individus dès juillet et peut durer jusqu’en novembre. Les oiseaux paraissent alors un peu moins colorés, jusqu’à ce que l’usure efface le bout des plumes neuves.

Mâle, femelle et jeune : ce qui change

Le dimorphisme sexuel, la différence d’aspect entre mâle et femelle, est peu marqué chez cette espèce. De loin, les deux sexes sont presque identiques. De près, et avec de bonnes conditions d’observation, le rouge du mâle tend à être plus étendu, plus sombre, et à passer derrière l’œil, alors que celui de la femelle s’arrête à l’œil. Ce repère reste délicat et ne donne pas toujours une réponse sûre.

Mâle et femelle, vus de près
ThèmeMâleFemelle
Rouge de la facepasse derrière l’œils’arrête à l’œil
Épaulesnoiresbrunes
Étendue du masqueplus large, rouge plus sombreun peu plus réduit

Le jeune déroute. Sa tête est unie, d’un fauve grisâtre un peu terne, sans rouge ni noir, et son dos comme son ventre sont rayés. On le prend facilement pour un petit oiseau brun quelconque, jusqu’à ce que l’aile s’ouvre. Il garde en effet la large bande jaune, qui suffit à l’identifier, et une queue noire. À ce stade, distinguer les mâles des femelles est difficile. Les jeunes quittent le nid vers deux semaines, ce qui explique qu’on en croise en été, parfois en petites bandes bruyantes.

À ne pas confondre

Trois oiseaux jaunes ou verts se mêlent volontiers au chardonneret, parfois dans le même arbre.

Trois oiseaux qu’on prend pour un chardonneret
OiseauTailleCe qui le sépare
Tarin des aulnesproche du chardonneret, 12 cmPlumage jaune-vert strié, calotte et menton noirs chez le mâle, aucun rouge sur la face
Verdier d’Europeproche du moineau, plus trapuVert olive, bec épais et clair, liseré jaune vif sur le bord de l’aile et de la queue, pas de masque rouge
Serin ciniplus petit, 11 à 12 cmJaune citron sur le front et la poitrine, croupion jaune (blanc chez le chardonneret), bec très court, flancs striés

Le tarin est le plus facile à croiser, car son alimentation très proche l’amène à fréquenter les mêmes aulnes et les mêmes friches. Si un doute persiste, l’outil Quel est cet oiseau ? propose les espèces probables à partir de la taille, de la couleur dominante et de l’endroit où vous l’avez vu.

Un gazouillis argentin : son chant et ses cris

Le chant du chardonneret est un gazouillis fluide, argentin, fait de trilles et de petites notes qui s’enchaînent sans pause marquée. Il revient sans cesse à une courte phrase de trois syllabes que l’on transcrit « sticlitt » ou « didelitt ». Cette phrase sert aussi de cri de contact, lancé en vol, et c’est elle que vous entendez le plus souvent au-dessus du jardin avant de voir l’oiseau. Le nom allemand de l’espèce, Stieglitz, vient justement de ce « sticlitt ».

Chardonneret élégant : le chant enregistré dans la nature

Chant enregistré par Jugrü, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Le répertoire peut aussi reprendre des bribes d’oiseaux entendus dans la jeunesse, comme l’alouette lulu ou la mésange charbonnière. Quand l’oiseau est inquiet, il lance un doux « èh-i ». Lors des disputes, nombreuses au moment de la parade, on entend un « crrrr » guttural, très typique.

Où et quand le voir

À la belle saison, le chardonneret vit dans les vergers, les parcs, les grands jardins et les lieux cultivés. Assez farouche au moment des nids, il se tient souvent à la cime des arbres et se montre peu. À partir d’août, il se regroupe en bandes sur les terrains à découvert, de préférence près des mares et des ruisseaux.

En automne et en hiver, il quitte volontiers les jardins pour les bords de route et les terrains en friche, où les chardons et les aulnes lui offrent des graines. Un point d’eau propre peut donc compter autant que la nourriture.

Ce qu’il mange

Le chardonneret recherche d’abord les petites graines des plantes de la famille des composées : chardons, bardanes, centaurées, séneçons. Son bec fin lui permet de les prélever sans se piquer et de les décortiquer avec adresse. Il mange aussi des graines de bouleaux et d’aulnes, de tournesol et de cosmos en train de faner, et l’hiver il fréquente aussi les pins.

Il prélève très rarement des baies. En période de nidification, il ajoute à son régime des invertébrés, comme des pucerons, des chenilles ou de petits coléoptères, qui servent aussi à nourrir les jeunes. Une haie ou des rosiers où les pucerons ne sont pas systématiquement traités comptent donc au printemps.

Comment l’attirer au jardin

Tout part d’un coin que l’on cesse d’entretenir. Ces plantes, laissées en graines à l’automne, sont celles qui retiennent le plus le chardonneret.

  • Chardons, qui lui ont donné son nom.
  • Cardères, grandes plantes bisannuelles aux têtes épineuses en forme d’œuf.
  • Bardanes, dont les capitules accrochent les vêtements.
  • Centaurées et séneçons, plus discrets mais appréciés.
  • Cosmos que l’on laisse faner sur pied au lieu de les couper.

L’hiver, la LPO conseille de proposer de petites graines, le tournesol notamment, sur une mangeoire plateau. C’est un plateau ouvert, sans trémie, où les graines restent à la vue. Le chardonneret cherche en effet ces petites graines au sol ou sur ce type de support. Préférez des graines pour oiseaux sauvages, et nettoyez régulièrement le plateau.

Nid et reproduction

Au printemps, le chardonneret se fait discret. La femelle construit seule, en une semaine environ, une coupe compacte, le plus souvent en bout de branche, là où le nid se balance. Elle le camoufle avec de la mousse, du lichen et de la soie d’araignée, et le garnit de duvet végétal, comme celui des chardons. On le trouve dans les vergers, les haies, les pruniers, les pommiers, les cyprès, et dans les jardins et parcs plutôt sur des érables ou des peupliers.

Elle y pond 4 à 6 œufs blanchâtres, tirant sur le bleu et tachetés de brun, qu’elle couve seule pendant 11 à 14 jours, le mâle lui apportant à manger. En mars, la parade du mâle est amusante à voir : il bombe le dos, se tourne de gauche à droite et étire une aile ou la queue, ce qui, selon les scientifiques, met en valeur le jaune et les taches blanches. Les jeunes, nourris d’abord de pucerons puis de graines prédigérées, quittent le nid vers deux semaines. Il y a deux à trois couvées par an.

Un oiseau protégé et en recul

Le chardonneret élégant est classé vulnérable sur la liste rouge de l’UICN pour la France. Cette liste évalue le risque de disparition des espèces, et cette catégorie signale une espèce menacée. La population aurait baissé de 40 % sur dix ans, selon un chiffre publié en 2016 dont la période exacte et la méthode de suivi ne sont pas précisées ici.

Son chant mélodieux le désigne aussi aux braconniers, qui le capturent pour le revendre en captivité. Comme la plupart des oiseaux sauvages, il est protégé en France : capturer ou détenir un chardonneret sauvage est interdit. Un chardonneret blessé ou affaibli relève d’un centre de soins, jamais d’une cage à la maison.

Sources

Questions fréquentes

Un chardonneret peut-il rester au jardin en hiver ?

Oui, dans les régions de l’ouest de l’Europe, où l’espèce est en grande partie sédentaire. Seuls les individus du nord migrent, et même ailleurs l’oiseau se déplace localement en cas de mauvais temps. La bande qui visite votre mangeoire peut donc changer d’une semaine à l’autre.

Peut-on garder un chardonneret trouvé blessé ?

Non, l’espèce est protégée et la détention est interdite. Appelez un centre de soins de la faune sauvage ou une LPO locale, qui indiqueront la conduite à tenir. Ne nourrissez pas l’oiseau et ne lui donnez pas à boire de force.

Faut-il laisser les chardons dans le jardin ?

Un coin suffit, de préférence loin du potager. Dans certains départements, un arrêté préfectoral impose de contrôler les chardons des champs sur les terrains cultivés, et la mairie peut vous renseigner. Les cosmos fanés sont une bonne solution de repli.

Mise à jour le 25 octobre 2026.