Plus petite qu’un moineau, un bleu qui se voit de loin
À côté d’un moineau domestique, la mésange bleue paraît franchement petite. Elle mesure 10 à 12 cm du bec au bout de la queue et pèse de 9 à 14 g, soit 11 g en moyenne, moins de la moitié du poids d’un moineau. Elle a la tête ronde, un bec noir court et fin, des pattes bleu ardoise, et elle est nettement plus menue que la mésange charbonnière.
Regardez ensuite les marques dans l’ordre où l’œil les trouve. La calotte bleu cobalt tranche d’abord sur le blanc du front et des joues. Un bandeau sombre traverse l’œil, et un fin collier bleu sombre contourne toute la tête, de la nuque jusqu’au-dessous du bec, comme une écharpe qui encadre les joues blanches. Les ailes et la queue sont bleues, et l’aile porte une barre blanche bien nette, le repère le plus sûr quand l’oiseau file d’une branche à l’autre. Le dos est d’un vert-jaune amande, la poitrine et le ventre d’un jaune vif, avec une raie sombre très fine au milieu. En alerte, elle peut hérisser sa calotte en petite huppe.
Ces couleurs ont deux origines différentes. Le bleu et le blanc sont des couleurs de structure, produites par la façon dont la plume renvoie la lumière. Le jaune vient de l’assiette : ce sont les caroténoïdes, des pigments apportés par l’alimentation, que l’oiseau trouve surtout dans les chenilles, qui donnent au ventre son éclat.
Mâle, femelle et jeune
À l’œil nu, mâle et femelle se confondent presque. La femelle est à peine plus terne, avec un bleu plus mat et un collier un peu plus étroit, des nuances que seul un oiseau vu de près et en bonne lumière laisse deviner. Les mésanges, elles, s’y retrouvent très bien, car elles perçoivent la lumière ultraviolette, invisible pour nous. Sous cette lumière, la calotte du mâle brille d’un bleu plus intense que celle de la femelle ou des jeunes.
Les jeunes de l’année se repèrent plus aisément. Leur calotte est gris-vert foncé plutôt que bleue, leurs joues sont jaunâtres et l’ensemble paraît plus pâle, moins contrasté. Ils ressemblent aux adultes vers septembre, mais conservent quelques marques sur l’aile jusqu’en mai ou juin de l’année suivante.
À ne pas confondre
La confusion la plus courante concerne la charbonnière, qui fréquente les mêmes mangeoires et se mêle l’hiver aux bandes de mésanges bleues. Les deux sont jaunes dessous et blanches de joues, mais le reste de la tête les sépare au premier coup d’œil.
| Thème | Mésange bleue | Mésange charbonnière |
|---|---|---|
| Taille et poids | 10 à 12 cm, environ 11 g | 13 à 15 cm, 16 à 21 g environ |
| Dessus de la tête | calotte bleu cobalt | calotte noire luisante |
| Joues | blanches, cerclées d’un fin collier sombre | blanches, cernées de noir |
| Dessous | ventre jaune, fine raie sombre | ventre jaune, large cravate noire |
| Dos | vert-jaune amande | vert olive |
La mésange nonnette se confond plutôt par la taille, car son gabarit est voisin (11 à 12 cm, 8 à 15 g). Elle porte une calotte noire brillante, une petite bavette noire, le dos brun-gris et le dessous crème à blanchâtre, sans la moindre trace de bleu ni de jaune. Plus rondouillarde, la tête large, elle saisit une graine à la mangeoire et file la manger dans les branches.
Deux autres oiseaux sont parfois décrits comme bleus. La sittelle torchepot est gris-bleu dessus et roux dessous, le martin-pêcheur, qui vit au bord des cours d’eau, est bleu turquoise dessus et orange dessous. Ni l’un ni l’autre n’a de ventre jaune. Si un doute demeure, l’outil Quel est cet oiseau ? propose les espèces probables à partir de la taille, de la couleur dominante et de l’endroit où vous l’avez vu.
Son cri et son chant
À la mangeoire, la mésange bleue lance des « tee, tee, tee » aigus, transcription anglaise usuelle de ce cri très fin répété par séries. Quand elle s’inquiète, elle passe à un « churr » grondeur et tremblotant, qui sert d’alarme. Son chant est fait de sifflements clairs et variés, que les francophones appellent « titiner » ou « zinzinuler ».
Chant enregistré par SanoAK: Alexander Kürthy, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
Pour la retrouver parmi les autres chants d’oiseaux du jardin, repérez d’abord ses cris à la mangeoire, puis son chant quand les couples s’installent au printemps.
Au jardin : où et quand l’observer
La mésange bleue est sédentaire, c’est-à-dire qu’elle reste dans sa région toute l’année au lieu de migrer. On la trouve dans les forêts de feuillus, les bocages, les parcs, les vergers et les jardins, même en pleine ville. Celles des montagnes ou d’Europe centrale sont plus nomades. L’hiver est la saison où vous avez le plus de chances de la voir : elle quitte les bois et parcourt les alentours en bandes, souvent mêlées à des charbonnières, à la recherche de nourriture.
Son geste le plus reconnaissable est l’acrobatie. Elle se suspend tête en bas au bout des brindilles les plus fines, où la charbonnière, plus lourde, est moins à l’aise. Il lui arrive aussi de monter le long d’un tronc par petits bonds saccadés, à la manière du grimpereau, un petit oiseau brun qui explore les troncs en spirale. La nuit, elle dort dans le lierre ou les conifères, et par grand froid dans n’importe quel petit trou, y compris un nichoir.
Ce qu’elle mange et ce qu’on peut lui offrir
Au printemps et en été, la mésange bleue est insectivore : elle se nourrit surtout d’insectes, d’araignées et de chenilles. Le reste de l’année, son régime devient plutôt granivore, c’est-à-dire fondé sur les graines, avec une préférence pour celles d’aulne et de bouleau, complétées de baies, de bourgeons et, l’hiver, de noix et de suif.
À la mangeoire, la LPO recommande les graines de tournesol, les cacahuètes non salées, car le sel est mal supporté par les oiseaux, et la graisse. Celle-ci se pose dans une mangeoire grillagée ou se suspend par une ficelle de coton. Retirez le filet en plastique des boules de graisse, car une patte peut s’y prendre. Le simulateur de mangeoire indique quels oiseaux viendront selon votre jardin, votre mangeoire et la nourriture proposée.
Nid et reproduction
La mésange bleue accepte très volontiers un nichoir, et elle réoccupe souvent le même trou d’une année sur l’autre. À défaut, elle s’installe dans n’importe quelle cavité, arbre, mur ou souche, et elle se dispute ces places avec le moineau domestique et la charbonnière.
Un trou d’envol (l’entrée du nichoir) d’environ 28 mm lui convient. Plus étroit que celui qu’exige la charbonnière, en général 32 mm, il écarte les concurrents les plus gros. Le calculateur de nichoir donne le diamètre exact, les dimensions intérieures, la hauteur et l’orientation de pose.
Le nid est garni de mousse et de poils. La ponte, c’est-à-dire l’ensemble des œufs d’une même couvée, compte en général de sept à treize œufs. La femelle les couve seule pendant environ deux semaines, nourrie par le mâle.
Une espèce protégée et abondante
Comme la grande majorité des oiseaux sauvages de France, la mésange bleue est protégée par l’arrêté ministériel du 29 octobre 2009 : on ne peut ni la capturer ni la garder, ni détruire ses nids occupés. Ses effectifs, de 20 à 44 millions de couples en Europe, sont globalement stables, voire en légère progression dans la majorité du continent. Cette mésange généraliste s’accommode des jardins bien plus facilement que les espèces spécialisées.
Sources
Questions fréquentes
Quelle est la durée de vie d’une mésange bleue ?
Dans la nature, la plupart ne vivent que deux ou trois ans, et les plus âgées dépassent rarement la dizaine d’années. L’hiver et la saison des nids sont les périodes les plus dures.
Pourquoi ne la voit-on pas à la mangeoire en été ?
En saison des nids, elle vit d’abord en couple, puis en famille, et trouve insectes, araignées et chenilles tout en haut des arbres et des arbustes. Les bandes ne se reforment qu’à l’automne, quand les graines redeviennent sa nourriture principale.
