Regarder sans déranger
Le meilleur poste d’observation est souvent une fenêtre. Derrière la vitre, vous êtes invisible ; dehors, le moindre mouvement brusque fait fuir les oiseaux. Une mangeoire posée à quelques mètres de la maison devient un petit théâtre où l’on apprend à reconnaître chaque espèce, à voir qui chasse qui, qui mange au sol et qui se pend aux boules de graisse.
Dehors, avancez lentement, arrêtez-vous souvent, et laissez les oiseaux s’habituer à vous. Ne vous approchez jamais d’un nid occupé : c’est la première cause d’abandon, et c’est interdit pour les espèces protégées.
Les jumelles
Avec des jumelles, un point brun dans une haie devient un accenteur mouchet, gris ardoise et rayé de brun. Les naturalistes utilisent le plus souvent des jumelles 8 × 42 : elles grossissent huit fois, laissent passer beaucoup de lumière et ne tremblent pas trop à main levée. La page choisir ses jumelles explique comment lire les chiffres et quoi regarder avant d’acheter.
Compter pour la science
Deux fois par an, le dernier week-end de janvier et le dernier week-end de mai, la LPO et le Muséum national d’histoire naturelle organisent le comptage national des oiseaux des jardins. Le principe est simple : pendant une heure, vous notez le plus grand nombre d’individus de chaque espèce vus en même temps, puis vous saisissez vos résultats sur le site Oiseaux des jardins.
Ces milliers de comptages permettent de suivre l’évolution des oiseaux communs. Ils complètent le programme STOC, lancé par le Muséum en 1989, qui a montré que les oiseaux des milieux agricoles avaient perdu environ un tiers de leurs effectifs en une quinzaine d’années. Un jardin compté, même avec trois moineaux, est une donnée utile.
Photographier les oiseaux du jardin
La plupart des belles photos d’oiseaux du jardin sont prises depuis la maison. Une fenêtre entrouverte, une mangeoire à quelques mètres, et une branche naturelle plantée à côté d’elle comme perchoir : les oiseaux s’y posent avant de venir manger, et vous les photographiez sur du bois plutôt que sur du plastique.
Photographiez à hauteur d’oiseau plutôt que d’en haut, avec la lumière dans votre dos, le matin ou en fin d’après-midi. Un téléphone suffit pour une mangeoire proche, surtout à travers des jumelles tenues contre l’objectif ; au-delà de quelques mètres, il faut un appareil avec un téléobjectif. Et jamais de flash ni de repasse de chant enregistré près d’un nid : c’est déranger les oiseaux au moment où ils sont les plus fragiles.
L’année des oiseaux
Étape 1 sur 7
Janvier
Les mangeoires sont les plus fréquentées ; pinsons du nord et tarins venus du nord s’y mêlent aux habitués. Comptage national le dernier week-end.
LPO, Muséum
Étape 2 sur 7
Février
Les pics tambourinent, les mésanges visitent les nichoirs, les merles et les grives chantent de plus en plus tôt.
Étape 3 sur 7
Mars-avril
Retour des hirondelles ; les premiers nids sont bâtis ; le chœur de l’aube commence avant le lever du jour.
Étape 4 sur 7
Mai-juin
Saison des nichées et des jeunes au sol ; les martinets crient au-dessus des toits. Comptage national le dernier week-end de mai.
LPO, Muséum
Étape 5 sur 7
Juillet-août
Mue des adultes, oiseaux discrets ; les martinets repartent dès la fin juillet.
Étape 6 sur 7
Septembre-octobre
Les hirondelles se rassemblent sur les fils puis partent vers l’Afrique ; les premiers migrateurs du nord arrivent.
Étape 7 sur 7
Novembre-décembre
Retour des mangeoires ; le rouge-gorge chante seul dans le jardin d’hiver.
Questions fréquentes
Quand a lieu le comptage des oiseaux des jardins ?
Deux fois par an, le dernier week-end de janvier et le dernier week-end de mai, à l’initiative de la LPO et du Muséum national d’histoire naturelle. Il suffit d’observer une heure et de saisir ses résultats en ligne.
Quelles jumelles pour observer les oiseaux ?
Des jumelles 8 × 42 conviennent à la plupart des observateurs : grossissement suffisant, image lumineuse, peu de tremblement. Des 8 × 32 sont plus légères pour la promenade.
