La taille, par comparaison
Seul sur une branche, un oiseau paraît souvent plus gros qu’il n’est. Les ornithologues jugent donc la taille par comparaison avec trois oiseaux que tout le monde connaît : le moineau (environ 15 centimètres du bec au bout de la queue), le merle (environ 25) et le pigeon (environ 40).
« Plus petit qu’un moineau » écarte d’un coup les trois quarts des possibilités et désigne mésanges, troglodyte, roitelet ou pouillot. « Comme un merle » fait penser à l’étourneau, à la grive, au pic épeiche. « Plus grand qu’un pigeon », c’est déjà une pie, une corneille, un geai, une chouette ou un rapace.
La couleur qui saute aux yeux
Inutile de détailler tout le plumage : retenez la couleur qui vous a frappé, et où elle se trouvait. Une poitrine orange, une calotte noire, une barre jaune sur l’aile, une tache blanche au cou. C’est ce dont on se souvient, et souvent c’est suffisant.
Certaines marques ne se voient qu’en vol, et elles sont précieuses. Le geai, le bouvreuil et le pinson du nord montrent en s’envolant un croupion blanc bien net ; le pic vert, un croupion jaune ; le pinson des arbres, deux barres blanches sur chaque aile et du blanc sur les côtés de la queue. Si l’oiseau s’est envolé avant que vous ayez pu le détailler, demandez-vous ce que vous avez vu de son dos.
Méfiez-vous de la lumière. À contre-jour, tout oiseau paraît noir ; au soleil rasant, un merle femelle peut sembler roux. Les reflets de l’étourneau changent du vert au violet selon l’angle. Et un oiseau mouillé ou gonflé par le froid n’a plus tout à fait sa silhouette.
Le comportement ne ment pas
Les gestes trahissent souvent mieux un oiseau que ses couleurs. La sittelle est le seul oiseau du jardin qui descend les troncs la tête la première ; le grimpereau, lui, les monte en spirale, puis se laisse tomber au pied de l’arbre suivant. Le merle sautille sur la pelouse, l’étourneau marche en se dandinant.
La bergeronnette grise hoche sans arrêt sa longue queue, le rougequeue noir fait trembler la sienne, couleur de rouille. Les pics volent en grandes ondulations, quelques battements puis les ailes repliées. Le faucon crécerelle fait du surplace au-dessus d’un talus, ailes battantes, avant de plonger.
L’oreille, souvent plus sûre que l’œil
Au printemps, on entend dix oiseaux pour un que l’on voit. Les naturalistes distinguent le chant, une phrase plus ou moins longue, surtout chantée par les mâles pour défendre un territoire et attirer une femelle, et le cri, court, qui sert à garder le contact ou à donner l’alarme.
Certaines espèces presque identiques se séparent surtout à la voix : le pouillot véloce répète ses deux notes, « tchif-tchaf », quand le pouillot fitis égrène une petite phrase descendante. Pour apprendre, commencez par les voix les plus fréquentes, une à la fois, avec la page les chants d’oiseaux du jardin. Les applications de reconnaissance des chants aident aussi, à condition de vérifier leur proposition avec ce que vous voyez.
Un outil pour combiner les indices
L’outil Quel est cet oiseau ? applique cette méthode. Vous donnez la taille, une à trois couleurs et l’endroit où vous avez vu l’oiseau ; il classe une quarantaine d’espèces du jardin de la plus probable à la moins probable, en tenant compte du mois : en hiver, les hirondelles et les martinets sont en Afrique.
Pour chaque oiseau proposé, il donne la marque qui ne trompe pas et les espèces avec lesquelles on le confond. Ensuite, la fiche de l’espèce, dans la rubrique Les oiseaux, permet de vérifier : différences entre mâle et femelle, jeune, chant, et ce qu’il fait au jardin.
Questions fréquentes
Comment reconnaître un oiseau par son chant ?
Commencez par les voix les plus courantes au jardin (merle, rouge-gorge, mésange charbonnière, pinson, troglodyte), une à la fois, en associant chaque chant à l’oiseau que vous voyez chanter. Une application de reconnaissance peut aider, mais sa proposition doit être vérifiée.
Quel est cet oiseau noir au bec jaune ?
Dans un jardin, c’est presque toujours un merle noir mâle. Un oiseau noir au bec pointu jaune qui marche au lieu de sautiller, avec des reflets verts et violets, est un étourneau au printemps.
