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Gravure de la rubrique Les oiseaux

Les oiseaux du jardin

Une mésange qui se pend la tête en bas sous la mangeoire, un merle qui retourne les feuilles mortes, un pic qui tambourine en février : chaque oiseau du jardin a sa silhouette, ses gestes et sa voix. Voici comment les reconnaître, un par un.

Les habitués et les visiteurs

Deux fois par an, fin janvier et fin mai, la LPO et le Muséum national d’histoire naturelle invitent chacun à compter pendant une heure les oiseaux de son jardin. D’année en année, les mêmes noms arrivent en tête : le moineau domestique, la mésange charbonnière, la mésange bleue, le merle noir, le rouge-gorge, le pinson des arbres, la tourterelle turque et le pigeon ramier.

Ce sont les habitués. Ils vivent près de chez vous toute l’année, et beaucoup viennent à la mangeoire en hiver. Autour d’eux passent des visiteurs plus discrets : la sittelle et le pic épeiche s’il y a de grands arbres, le geai près des chênes, le chardonneret là où poussent les chardons.

D’autres ne sont là qu’une saison. Les hirondelles et les martinets arrivent au printemps et repartent pour l’Afrique à la fin de l’été. À l’inverse, l’hiver amène des oiseaux du nord : pinsons du nord, tarins des aulnes, et une partie des rouges-gorges que vous voyez à la mangeoire.

Lire un bec

Avant même la couleur, le bec dit beaucoup de choses. Un bec court, épais et conique sert à casser des graines : c’est celui du pinson, du verdier, du chardonneret, du moineau. Un bec fin attrape des insectes, des araignées et des vers : rouge-gorge, troglodyte, rougequeue. Les mésanges ont un bec court et pointu qui fait un peu tout.

Le pic porte un bec droit et solide comme un ciseau à bois, la chouette un bec crochu caché dans les plumes de la face. Regarder le bec aide à reconnaître l’oiseau, et à savoir quoi lui offrir : les becs à graines viennent au tournesol, les becs fins préfèrent les miettes de graisse, les fruits et ce qu’ils trouvent dans les feuilles mortes.

Mâle, femelle, jeune et plumage d’hiver

Un même oiseau ne se ressemble pas toujours. Chez le merle, seul le mâle est noir au bec jaune ; la femelle est brune, et on la prend souvent pour une grive. Le jeune rouge-gorge, à sa sortie du nid, n’a pas encore de plastron orange : il est brun, tacheté de clair. Le pinson femelle a perdu toutes les couleurs du mâle, sauf les deux barres blanches de l’aile.

Les saisons changent aussi les plumages. L’étourneau, noir à reflets verts et violets au printemps, se couvre de petits points blancs après la mue d’automne. Par grand froid, les petits oiseaux gonflent leurs plumes pour garder la chaleur et paraissent deux fois plus ronds qu’en été.

C’est pour cela que chaque fiche donne les critères qui ne changent pas (la forme, une marque, un comportement), puis les différences entre mâle, femelle et jeune, et enfin les oiseaux avec lesquels on la confond le plus souvent.

Des oiseaux protégés

En France, la plupart des oiseaux sauvages sont protégés par la loi. L’arrêté du 29 octobre 2009 interdit de les capturer, de les détenir, de les vendre, et de détruire leurs nids ou leurs œufs. Cela vaut pour le chardonneret, encore braconné pour la cage, comme pour le rouge-gorge ou la mésange du jardin.

Concrètement, on peut les nourrir, leur offrir un nichoir, les observer et les photographier. On ne peut pas les garder, même blessés : un oiseau en difficulté se confie à un centre de soins pour la faune sauvage, le seul autorisé à le soigner et à le relâcher.

Par où commencer

Si vous ne savez pas encore quel oiseau vous avez vu, l’outil Quel est cet oiseau ? propose les espèces probables à partir de trois indices. Sinon, choisissez une fiche dans la liste de cette rubrique : chacune décrit l’oiseau, son chant, ce qu’il mange, où le voir et comment l’aider au jardin.

Questions fréquentes

Combien d’espèces d’oiseaux peut-on voir dans un jardin ?

Une dizaine d’espèces se voient dans la plupart des jardins, et souvent une vingtaine ou plus au fil de l’année quand le jardin a des arbres, une haie et de l’eau. Un jardin proche d’un bois, d’une rivière ou de champs en reçoit davantage.

A-t-on le droit de garder un oiseau sauvage ?

Non, pour la plupart des espèces : elles sont protégées par l’arrêté du 29 octobre 2009. Un oiseau blessé ou un oisillon en danger doit être confié à un centre de soins pour la faune sauvage.