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Merle noir mâle au plumage noir et bec orangé fouillant l'herbe parmi les feuilles d'automne et le lierre, extrayant un ver de terre.

Merle noir : reconnaître le mâle, la femelle et le jeune

Dans Paris, seuls deux pigeons et le moineau domestique sont plus nombreux que le merle noir, qui compte aussi parmi les cinq espèces les plus abondantes de France.

Un oiseau entièrement noir, au bec et au cercle de l’œil jaune orangé, nettement plus grand qu’un moineau, est un merle noir mâle (Turdus merula). La femelle, appelée merlette, est brun roussâtre, et le jeune est brun moucheté de beige ; tous trois partagent la même silhouette à longue queue. Le merle est un passereau (un oiseau percheur, comme les mésanges ou les moineaux) de la famille des turdidés, celle des grives et des merles.

Le mâle : noir de jais, bec orange

Sur la pelouse, au crépuscule, un oiseau noir avance par petits bonds, s’arrête la tête penchée, puis repart. Le premier repère est sa taille. Il mesure de 24 à 29 cm de long pour 34 à 38 cm d’envergure, donc bien plus qu’un moineau domestique (une quinzaine de centimètres) et bien moins qu’un pigeon. Il pèse de 80 à 125 g, soit onze à dix-sept pièces d’un euro, et sa queue d’une dizaine de centimètres lui donne une silhouette allongée.

Le deuxième repère est la couleur. Le mâle adulte est noir de jais, les pattes brun-noir, et seuls tranchent le bec et l’anneau oculaire (le cercle de peau nue autour de l’œil), tous deux jaune orangé vif. Ce contraste est probablement un indicateur de qualité du mâle : plus la couleur est vive, plus l’oiseau serait en bonne condition, âgé ou bien installé. Le noir lui-même change avec la saison, luisant après la mue d’été et plus mat, presque usé, à la fin du printemps. En hiver, le bec devient un peu plus sombre et l’anneau plus brun, ce qui est normal chez un adulte.

La merlette et le jeune, tout en brun

Chez le merle, le dimorphisme sexuel (mâle et femelle d’aspect différent) est très net. La merlette a un plumage brun roussâtre, plus noirâtre par endroits, et la teinte varie d’un oiseau à l’autre. Elle n’a ni le bec jaune vif ni l’anneau orange du mâle : son bec est brun, parfois avec une zone jaune pâle, et son cercle oculaire brun clair. Sa poitrine est brun clair et sa gorge plus pâle, parfois vaguement pommelée. Pour comparer ces plumages par sexe, âge et saison, la galerie de photos d’oiseaux.net est bien utile.

Le jeune ressemble à la femelle, avec en plus des mouchetures beiges sur la poitrine et le dessous du corps. Ce plumage dure jusqu’à la première mue (le renouvellement des plumes), entre août et octobre. Les jeunes femelles restent brunes. Les jeunes mâles virent au noir par étapes, comme le montre la suite ci-dessous.

Du jeune tacheté au mâle à bec jaune

Étape 1 sur 4

Sortie du nid

Brun comme la femelle, moucheté de beige sur la poitrine et le dessous du corps. Les individus les plus sombres sont présumés être des mâles.

Printemps et été

Étape 2 sur 4

Première mue

Le jeune mâle acquiert un plumage noir luisant.

Août à octobre

Étape 3 sur 4

Premier hiver

Le bec est encore sombre, l’anneau de l’œil peu visible et l’aile plus brune que le corps.

Automne et hiver

Étape 4 sur 4

Après une année complète

Le bec devient jaune et le corps d’un noir uniforme.

Un an environ

Un merle noir au bec encore foncé et aux ailes brunâtres est donc un jeune mâle né l’année précédente.

À ne pas confondre

Trois oiseaux peuvent faire hésiter. La confusion la plus fréquente concerne la femelle, qu’on prend pour une grive musicienne. La merlette est brune de façon assez uniforme, avec une gorge pâle à peine pommelée, tandis que la grive a le dessous crème semé de taches brun foncé bien nettes. La merlette est aussi plus grande, avec une queue plus longue. Le jeune merle tacheté prête à la même confusion, mais son bec clair, sa longue queue et son aspect général roussâtre le trahissent.

Les oiseaux qu’on prend pour un merle noir et le critère qui les sépare
OiseauTailleCritère qui le sépare du merle
Grive musicienne (Turdus philomelos)environ 20 à 23 cmDessus brun-olive, dessous crème marqué de taches foncées nettes, queue plus courte
Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris)environ 19 à 23 cmNoir à reflets verts et violets, tacheté de blanc hors saison de reproduction, bec fin et pointu, queue courte, marche vite et en bande
Merle à plastron (Turdus torquatus)environ 23 à 24 cmAdulte noir avec un large croissant blanc sur la poitrine ; en première année, ailes plus pâles que celles du merle noir

L’étourneau trompe facilement, car son bec devient jaune au printemps. Mais ce bec reste pointu et fin, la queue est courte et l’oiseau avance en trottant par groupes, alors que le merle sautille et vit le plus souvent seul. Si un doute persiste devant un oiseau précis, l’outil Quel est cet oiseau ? propose les espèces probables à partir de la taille, de la couleur et de l’endroit où vous l’avez vu.

Un chant flûté, un cri d’alarme au crépuscule

Le chant se lance depuis un perchoir bien exposé, un faîte de toit, une antenne ou la cime d’un arbre. C’est une série de notes claires, sonores et flûtées, qui forment des phrases d’environ six secondes suivies d’une pause de même durée, puis la phrase reprend. La grive musicienne, qui chante aussi à découvert, répète chaque motif deux ou trois fois, alors que le merle enchaîne des phrases variées, plus lentes et plus graves.

Merle noir : le chant enregistré dans la nature

Chant enregistré par Diana Tudor, CC BY 4.0, Wikimedia Commons

Ses cris sont tout autres. Le « pink-pink-pink » répété, souvent entendu à la tombée de la nuit, sert à la fois de cri d’alarme et de cri d’avant le coucher. Un « chuck-chuck-chuck » bas, qui s’accélère en bavardage quand le merle est en alerte, se reconnaît à son rythme nerveux. En vol, il lâche un « seeee » ténu et tremblotant.

Au jardin : où le voir, que lui offrir

Le merle cherche sa nourriture au sol. Sur une pelouse non traitée, sous les haies, au pied des massifs, il déniche vers de terre, larves et insectes. Si vous entendez gratter dans les feuilles d’une plate-bande, c’est probablement lui. Il est omnivore, et complète son menu de fruits et de baies, comme celles des merisiers ou des viornes.

Pour l’accueillir, les associations de protection recommandent des gestes simples :

  • laisser au sol les fruits tombés, pommes et poires abîmées comprises, qu’il picore volontiers ;
  • planter des arbustes à baies, qui nourrissent aussi le merle en hiver ;
  • éviter les produits anti-limaces et les traitements de pelouse, qui empoisonnent ses proies ;
  • poser une coupelle d’eau peu profonde, où il vient boire et se baigner.

Pour la saison des nids, il lui faut une haie dense, du lierre ou un arbuste touffu. Le nid est une coupe d’herbes sèches bordée de boue, installée assez bas dans la végétation. Les associations conseillent de ne pas tailler les haies de la mi-mars à la fin juillet environ, pour ne pas détruire les nids cachés dans le feuillage. Le merle n’occupe pas les nichoirs fermés à trou d’envol des mésanges, et le calculateur donne les dimensions des modèles adaptés aux espèces qui les adoptent.

Le merle blanc existe, mais rarement tout blanc

Un merle qui porte quelques plumes blanches, voire de larges plaques, existe bel et bien, et Buffon en parlait déjà. Des observations menées en Grande-Bretagne montrent que 29 % des oiseaux décolorés recensés, toutes espèces confondues, appartiennent au genre Turdus, et ce sont surtout des merles noirs. Sur un plumage noir, la moindre plume claire se remarque, mais le phénomène semble réellement plus courant chez le merle. Les décolorations partielles paraissent aussi plus fréquentes en ville.

Deux phénomènes se cachent derrière ces plumes blanches. Le leucisme est une pigmentation réduite : la mélanine, le pigment noir, se fabrique mal, mais les yeux restent normaux, et l’oiseau peut vivre longtemps. L’albinisme est l’absence totale de pigment, tout ou rien, jamais partiel. Les vrais albinos souffrent d’une déficience visuelle qui leur laisse peu de chances de survie, si bien que ceux qu’on rencontre sont presque toujours jeunes. Chez les merles, d’autres causes peuvent aussi jouer, comme le vieillissement ou des carences alimentaires.

Sources

Questions fréquentes

Peut-on garder un merle noir trouvé au jardin ?

Non. La plupart des oiseaux sauvages sont protégés en France, et leurs nids comme leurs œufs ne se détruisent pas. Un jeune trouvé au jardin ne se garde pas, on appelle un centre de soins en cas de doute.

Le merle noir migre-t-il ou reste-t-il toute l’année ?

Cela dépend de la latitude. En France, beaucoup de couples restent sur leur territoire toute l’année, surtout dans les régions tempérées. En hiver, des merles venus du nord et de l’est de l’Europe s’y ajoutent et se montrent plus tolérants entre eux, notamment autour des arbustes à baies.

Que faire si on trouve un jeune merle tacheté seul au sol ?

S’il est couvert de plumes, sautille et a la queue courte, il a quitté le nid avant de bien voler et ses parents le nourrissent à proximité : le mieux est de le laisser là. S’il est en danger immédiat, déposez-le à quelques mètres, sous un buisson, et gardez les chats à l’intérieur. Comme le recommandent les centres de soins, ne lui donnez ni nourriture ni eau. S’il est blessé ou si les parents semblent absents depuis longtemps, appelez un centre de soins.

Quand le merle noir niche-t-il ?

Dans les régions douces, les premières constructions de nid commencent dès la fin février. La femelle pond en général de trois à cinq œufs bleu-vert tachetés de brun, qu’elle couve environ deux semaines. Les jeunes quittent le nid après deux semaines environ, et un couple peut élever deux ou trois nichées jusqu’en été.

Mise à jour le 24 octobre 2026.