Les marques qui le font reconnaître, dans l’ordre où l’œil les voit
La taille vient d’abord. Le pic vert mesure 30 à 36 cm de long pour 45 à 51 cm d’envergure. Il est donc nettement plus grand qu’un merle (autour de 25 cm), même s’il reste plus petit qu’un pigeon ramier. Parmi les pics de son aire, seul le pic noir le dépasse, avec une taille environ 50 % plus grande.
La couleur dominante est le vert : le dessus est vert, le dessous gris-vert, marqué de chevrons sombres (des petits traits en V). La marque nette se trouve sur la tête. La calotte rouge, c’est-à-dire le dessus du crâne, descend jusque sur la nuque, et le pourtour de l’œil et les joues sont noirs. Cela dessine le « masque de Zorro », dans lequel l’œil clair, blanc ou rose pâle, ressort bien. Le bec est jaunâtre à pointe sombre et les pattes sont grises.
Quand l’oiseau décolle, un autre détail saute aux yeux. Le croupion, la zone du dos juste au-dessus de la queue, est d’un jaune vif. Le vol lui-même est une signature : trois ou quatre battements d’ailes, puis un court plané, ailes repliées contre le corps, ce qui trace une ligne en vagues. Les rémiges primaires, les grandes plumes du bout de l’aile, sont noires avec des taches blanches en travers, et le dessous de la queue est barré de noir.
Si un doute persiste devant un oiseau vert vu trop vite, l’outil « Quel est cet oiseau ? » de Pépiement propose les espèces probables à partir de la taille, de la couleur et de l’endroit.
Mâle, femelle, jeune : ce qui change
Le pic vert présente un léger dimorphisme sexuel, c’est-à-dire une différence d’aspect entre mâle et femelle. Les deux portent la calotte rouge, souvent striée de gris. Tout se joue dans la moustache, le trait qui part du coin du bec vers la joue. Cette différence se voit surtout de près, aux jumelles ou sur une photo prise à travers la vitre.
| Mâle adulte | Femelle adulte | Jeune | |
|---|---|---|---|
| Moustache | rouge, cernée de noir | entièrement noire | sombre au départ ; les jeunes mâles montrent parfois quelques plumes rouges dès juin, plus souvent en juillet-août |
| Plumage | vert, croupion jaune, calotte rouge | identique | tacheté et strié de gris clair sur tout le corps |
| Quand | toute l’année | toute l’année | jusqu’à la première mue, à la fin de l’été ou en automne |
Les jeunes se distinguent donc facilement des adultes pendant quelques semaines. Ils muent vite après leur envol et prennent leur plumage adulte entre août et novembre. Un oiseau vert tacheté, vu au jardin en été, est probablement un jeune de l’année.
Le rire et le chant
Ce que l’on entend d’abord est un long ricanement sonore, le fameux rire du pic vert. Il a été comparé à un hennissement, ce qui lui a valu le surnom de « cheval des bois ». Le chant proprement dit est une série de 10 à 18 notes « klü », qui accélère un peu vers la fin et baisse légèrement de hauteur, comme un rire qui s’essouffle. En vol, il lance plutôt un « kyü-kyü-kyück » bruyant. Le cri de la femelle est plus fin, une suite de « pü » répétés.
Cri enregistré par Joost van Bruggen, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
C’est un oiseau méfiant, qui se laisse rarement approcher. Vous entendez le rire dans le verger, vous cherchez dans les branches, et il est déjà reparti en ondulant. Il vaut mieux scruter la pelouse et le pied des haies que la cime des arbres.
Est-ce lui qui picore les arbres ?
Rarement. Le roulement que produisent les pics en frappant du bec un tronc s’appelle le tambourinage. Le pic vert tambourine peu, par un roulement doux et rapide, et il cherche sa nourriture au sol.
Son menu est fait surtout de fourmis, adultes et larves, en particulier celles des genres Lasius et Formica. Il enfonce son bec dans la fourmilière et lèche ses proies avec une langue longue et collante, qui s’enroule jusqu’à l’arrière du crâne quand elle est rentrée. Ses fientes, allongées et cylindriques, sont souvent faites uniquement de restes de fourmis. Il complète avec d’autres invertébrés et, l’hiver, avec des fruits ou des graines. Certains individus s’attaquent aussi aux ruches pour manger les abeilles.
Quand la neige couvre les fourmilières, il a du mal à en trouver, et les hivers rigoureux sont la période la plus dangereuse de son année.
À ne pas confondre
Trois oiseaux peuvent prêter à confusion, pour des raisons différentes.
| Oiseau | Ce qui lui ressemble | Le critère qui les sépare |
|---|---|---|
| Pic cendré | vert au dos, croupion jaune | un peu plus petit ; dessous gris, et non jaunâtre |
| Pic de Sharpe | presque identique | face grise, sans noir autour de l’œil, et bec plus court ; il remplace le pic vert dans le Roussillon, l’est des Pyrénées et au Pays basque |
| Loriot d’Europe, femelle | vert-jaune, aperçu en vol | plus petit et plus mince, ailes plus étroites, queue plus longue ; pas de calotte rouge |
Le pic de Sharpe a longtemps été classé comme sous-espèce du pic vert. On le considère aujourd’hui comme une espèce à part.
Au jardin : où, quand et comment l’aider
Le pic vert aime les paysages semi-ouverts : bocages, vergers, parcs, lisières, grands jardins avec de vieux arbres et de la pelouse. Il lui faut des feuillus âgés pour nicher et, tout près, des prairies, des pelouses ou des landes riches en fourmis. On le trouve du littoral jusqu’à la forêt subalpine, dans toute la France, sauf là où le pic de Sharpe le remplace. En Corse, il n’est que visiteur occasionnel. Selon les estimations, plus de la moitié de la population européenne vit en France et en Allemagne, et l’espèce semble stable.
C’est un oiseau sédentaire, qui reste toute l’année dans son secteur : d’une saison de reproduction à l’autre, un individu s’éloigne rarement de plus de 500 m environ. Le pic vert que vous voyez en février est donc probablement celui de l’été. Il se laisse mieux observer derrière une fenêtre, sans mouvement brusque. Pour lui venir en aide, trois gestes comptent.
- Ne pas traiter la pelouse et laisser les fourmilières en place. Les fourmis sont sa nourriture principale, et un insecticide ou un produit anti-fourmis la lui retire.
- Garder les vieux feuillus (chêne, hêtre, saule, arbres fruitiers), car il y creuse sa loge. Ces cavités servent parfois plus de dix ans, pas toujours au même couple.
- Laisser quelques fruits tombés au pied des arbres en hiver, puisqu’il peut s’en nourrir quand le sol est dur ou enneigé.
Pour les espèces qui adoptent un nichoir, le calculateur de nichoir de Pépiement donne le diamètre du trou d’envol, les dimensions intérieures, la hauteur et l’orientation de pose.
Nid et reproduction
Comme tous les pics, il ne construit pas de nid, il creuse une loge, une cavité dans le tronc, en hauteur. Le chantier a lieu en mars-avril et dure 15 à 30 jours, surtout par le mâle. L’entrée mesure environ 6 cm sur 7,5 cm, et la cavité, large d’une quinzaine de centimètres, peut descendre jusqu’à 40 cm. Le bois peut être sain ou pourri.
La femelle pond une seule fois dans l’année, 4 à 7 œufs blancs selon les sources, qui pèsent environ 9 g chacun. Les deux parents les couvent à tour de rôle, par relais de 1 h 30 à 2 h 30, pendant 19 à 20 jours. Les poussins sont nidicoles : ils naissent nus, incapables de quitter la loge, et les parents doivent les couvrir les premiers jours. Les repas se font d’abord toutes les une à deux heures, puis les visites s’espacent pour pousser les jeunes dehors. Ils quittent la loge après 21 à 24 jours. Ensuite, chaque parent s’occupe d’une partie de la nichée, pendant jusqu’à sept semaines.
Un oiseau de la pluie
Dans les mythologies grecque et romaine, le pic vert est un oiseau porteur de présages. Le folklore européen l’associe aussi à la pluie, qu’il serait capable d’annoncer, voire de faire venir. On le surnommait « oiseau de la pluie », « pic de la pluie » ou « procureur du meunier », parce que la pluie apporte l’eau au moulin.
Sources
Questions fréquentes
Le pic vert abîme-t-il les arbres ?
Il tambourine rarement et cherche sa nourriture au sol, si bien qu’il touche peu aux arbres. Il creuse sa loge dans un grand feuillu, au tronc sain ou pourri. Parmi les ennuis signalés, certains individus s’attaquent aux ruches pour manger les abeilles.
Le pic vert est-il protégé ?
Oui, comme la plupart des oiseaux sauvages en France : on ne peut ni le capturer, ni le détruire, ni détruire son nid. L’espèce n’est pas menacée à l’échelle mondiale. Localement, la perte des vieux arbres et l’artificialisation des sols pèsent sur son habitat.
Combien de temps vit-il ?
Les reprises de bagues montrent qu’un pic vert peut vivre une dizaine d’années. Il est la proie de rapaces, diurnes ou nocturnes, et de mammifères. Les collisions avec les voitures, les vitres ou les lignes électriques figurent aussi parmi les causes de mortalité.
