Ce que l’œil voit d’abord
La silhouette vient en premier. Le pinson mesure de 14 à 16 cm pour environ 26 cm d’envergure, soit la longueur d’un moineau domestique, mais la queue plus longue lui donne un air plus élancé. Il pèse entre 18 et 25 g.
Vient ensuite la marque nette. Sur chaque aile, deux larges barres blanches séparées de noir (une barre alaire est une bande claire en travers de l’aile) sont, selon Oiseaux.net, très visibles au posé comme en vol. Elles se montrent chez le mâle, la femelle et le jeune, ce qui en fait le repère le plus sûr de l’espèce. Quand l’oiseau s’envole, regardez aussi la queue. Les rectrices, c’est-à-dire les plumes de la queue, sont blanches sur les côtés, alors que le centre reste gris ardoise.
Le comportement complète le tableau. Le vol est onduleux, quelques battements précipités alternant avec des ailes closes. Au sol, le pinson avance à pas courts et rapides, en hochant la tête, et sautille par moments pour saisir une graine.
Mâle, femelle, jeune : trois plumages
Le mâle adulte est le plus coloré. Sa calotte (le dessus de la tête) et sa nuque sont bleu-gris, son front est noir, et les côtés de sa tête sont châtain. Son dos est brun-marron chaud, son dessous rose vineux avec parfois une nuance roussâtre, son bas-ventre blanc. Le croupion, bas du dos juste au-dessus de la queue, est olive. Son bec est bleu acier au printemps, puis brunit.
En hiver, les teintes s’atténuent et le bleu de la tête tire vers le brun. Selon Oiseaux.net, l’usure du plumage fait ensuite réapparaître, pour la reproduction, les couleurs vives qui se trouvaient sous les extrémités ternes des plumes. Un pinson mâle en décembre est donc moins éclatant que le même oiseau en avril.
La femelle est beaucoup plus discrète, avec un manteau brun terne, la tête et le dessous beige nuancé de gris, sans bleu ni roux. Sa calotte est plus sombre, souvent traversée d’une ligne médiane plus claire, et l’œil est cerclé de blanc. Ses barres alaires et le blanc de ses côtés de queue sont les mêmes que chez le mâle, simplement moins étendus. Le jeune est encore plus terne que la femelle, avec une tache pâle sur la nuque. Chez lui aussi, le blanc des ailes et de la queue suffit à l’identifier.
À ne pas confondre
Le pinson du Nord est le plus proche parent à surveiller. C’est un hivernant qui niche plus au nord et vient passer la mauvaise saison en France. Il se mêle volontiers aux bandes de pinsons des arbres, et on le prend surtout pour lui en vol, de loin. La LPO souligne qu’il porte de l’orange sur les ailes et la poitrine, avec du blanc et du noir, mais jamais de bleu ni de rouille. Le critère le plus rapide à vérifier est le croupion, blanc chez le pinson du Nord et olive chez le pinson des arbres.
| Thème | Pinson des arbres | Pinson du Nord |
|---|---|---|
| Croupion | olive, verdâtre | blanc |
| Poitrine | rose vineux à roux | orange |
| Bleu et rouille | bleu-gris sur la tête du mâle, rouille sur la face | jamais de bleu ni de rouille |
| Présence en France | toute l’année | l’hiver seulement |
La femelle du pinson des arbres peut aussi passer, d’un coup d’œil, pour une femelle de moineau, mais les barres blanches sur l’aile et le blanc de la queue tranchent. Si le doute persiste, l’outil Quel est cet oiseau ? propose les espèces probables à partir de la taille, de la couleur dominante et de l’endroit où vous l’avez vu.
Le chant et les cris
Le chant est celui du mâle. Sa phrase dure environ deux secondes et demie (de 1,5 à 3 secondes). Elle débute par trois ou quatre sons aigus rapidement répétés, enchaîne une série semblable mais descendante, puis s’achève sur une fioriture enjouée. La transcription usuelle est « tchip-tchip-tchip-tchip-chett-chett-chett-chett-diddip-diddiooo ». La même phrase revient inlassablement, avec des variantes d’un oiseau à l’autre et d’une région à l’autre, que la LPO rapproche de dialectes. Les jeunes l’apprennent au contact des adultes, ce qui l’explique sans doute. Parmi les chants du jardin, il se repère à cette chute en cascade suivie d’une fioriture finale.
Chant enregistré par Alexander Kurthy, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
Le cri le plus courant, posé sur une branche, est un « pink » bref et fort, parfois répété. Le mot pinson lui-même viendrait d’un radical imitant ce cri, selon l’ouvrage de Cabard et Chauvet cité par la LPO. En vol, l’oiseau lance plutôt un « yup » plus doux. Un « riiit », surnommé « cri de pluie », garde une fonction mal déterminée. L’alarme proprement dite est un « tseee » ténu.
Où et quand le voir au jardin
Le pinson des arbres vit partout en France, dans les forêts assez claires, les parcs et les jardins arborés. Vous le verrez toute l’année, mais plus nombreux en hiver. Au sol, sous la mangeoire ou en lisière d’arbres, il fouille les feuilles et les graines tombées. Hors de la saison de reproduction, il est très sociable et se joint à des bandes de moineaux, de verdiers d’Europe et de pinsons du Nord. Mâles et femelles se séparent souvent en groupes de chaque sexe.
Au printemps, c’est plutôt en hauteur qu’il se laisse voir. Le mâle chante le plus souvent du haut d’un perchoir élevé, parfois d’une branche basse ou d’un arbuste, et plus rarement à même le sol.
Ce qu’il mange et ce qu’on peut lui offrir
Le pinson est granivore, c’est-à-dire mangeur de graines, et son bec, large à la base et pointu, convient à ce régime. En arbres, il apprécie les graines de hêtre, d’érable, de bouleau, d’aulne et de résineux. Il consomme aussi des bourgeons, des baies, des graines d’herbacées et de céréales, surtout le colza. À la saison des nids, il se tourne vers les insectes, qu’il cueille dans les branches ou attrape au cours de petits vols acrobatiques. Ses oisillons sont nourris de larves d’insectes et de chenilles.
À la mangeoire, il préfère les graines tombées au sol à celles du dispositif lui-même, si bien qu’inutile de lui chercher une place sur un perchoir. Offrez-lui plutôt une mangeoire qui laisse tomber quelques graines, ou une petite quantité de graines répandue sur un sol propre et dégagé. La LPO et les autres associations de protection conseillent de nettoyer régulièrement les mangeoires, et la précaution vaut aussi pour le sol dessous. Ramassez les restes mouillés ou souillés, car les graines abîmées et les fientes y favorisent les maladies. Le simulateur de mangeoire indique quels oiseaux viendront selon votre jardin, votre mangeoire et la nourriture proposée.
Nid, jeunes et statut
La femelle bâtit seule une coupe profonde dans la fourche d’un arbre ou d’un buisson. Ce nid ouvert explique qu’un nichoir fermé ne l’intéresse pas, alors qu’une haie dense ou un arbre bien ramifié lui convient. La ponte compte le plus souvent quatre ou cinq œufs, qui éclosent après environ 13 jours. Les jeunes quittent le nid vers 14 jours, mais les adultes les nourrissent encore plusieurs semaines. Pendant la saison de reproduction, le mâle se montre très agressif et chasse voisins et intrus.
Un jeune pinson au sol dans un buisson, emplumé mais maladroit, a donc le plus souvent ses parents tout près. Si l’oisillon n’est pas en danger, laissez-le là où il est. S’il l’est, appelez un centre de soins, sans le nourrir ni lui donner à boire. La page oisillon tombé du nid détaille la conduite à tenir.
Comme tous les fringillidés, le pinson des arbres est une espèce protégée en France, ce qui interdit de le capturer ou de le garder. L’UICN le classe en préoccupation mineure, car il est très abondant et très répandu. Le record de longévité relevé par Oiseaux.net est de 14 ans.
Sources
Questions fréquentes
Le pinson des arbres reste-t-il toute l’année en France ?
Beaucoup d’oiseaux y passent toute l’année, car l’espèce est un migrateur partiel, c’est-à-dire qu’une partie de la population part et l’autre reste. Les pinsons du nord et de l’est de l’Europe sont migrateurs, ceux d’Europe centrale le sont en partie. Les uns viennent hiverner chez nous, d’où l’impression de voir plus de pinsons en hiver.
Peut-on le nourrir avec des graines de tournesol ?
Oui. Les cœurs de tournesol décortiqués sont les plus faciles à ouvrir pour un bec de cette taille, et le tournesol noir convient aussi. Les petites graines comme le millet lui plaisent également. Comme il picore au sol, il récupère ce qui tombe de la mangeoire.
Pourquoi le pinson des arbres chante-t-il si souvent au printemps ?
Le mâle chante pour attirer une femelle et pour avertir ses voisins qu’il tient son territoire, qu’il défend ensuite avec vigueur. On l’entend surtout de février à mi-juillet, le plus souvent depuis un perchoir élevé.
